Présidentielle 2027 : les propositions immobilières de Jean-Luc Mélenchon

Flash-immo poursuit son analyse des propositions immobilières des candidats à l’élection présidentielle de 2027. Après Bruno Retailleau et Édouard Philippe, ce troisième volet est consacré à Jean-Luc Mélenchon. Son projet donne à la puissance publique un rôle central dans le logement et aurait des effets contrastés pour les agences immobilières.

Un programme 2027 encore en construction

Jean-Luc Mélenchon s’appuie actuellement sur l’édition 2025 de L’Avenir en commun et sur plusieurs engagements publics récents. Le programme définitif pour 2027 n’étant pas encore totalement arrêté, les mesures présentées peuvent encore évoluer ou être précisées.

La ligne générale est néanmoins claire : faire du logement un droit davantage garanti par l’État, renforcer la régulation du parc privé et accélérer la production ainsi que la rénovation de logements accessibles.

Construire davantage de logements publics

Le candidat de La France insoumise défend une relance massive de la construction de logements sociaux et publics. Il souhaite renforcer les obligations imposées aux communes, limiter les ventes de logements sociaux et mobiliser plus fortement le foncier public.

Cette politique pourrait soutenir la construction et fluidifier une partie des parcours résidentiels. Son bénéfice direct pour les agences de transaction resterait toutefois limité si l’essentiel de l’offre nouvelle demeure dans le parc public. À l’inverse, une détente du marché locatif pourrait faciliter la mobilité des ménages et, indirectement, certains projets d’achat ou de vente.

Encadrement des loyers et régulation du parc privé

Jean-Luc Mélenchon souhaite généraliser et renforcer l’encadrement des loyers dans les zones où la demande est forte. Il prévoit également de lutter plus fermement contre les logements vacants et évoque leur réquisition lorsque la situation locale le justifie.

Pour les administrateurs de biens, ces mesures impliqueraient davantage de contrôles, de justificatifs et de conseil auprès des propriétaires. Elles pourraient développer la valeur de l’accompagnement professionnel, mais réduiraient la liberté de fixation des loyers et pourraient décourager certains bailleurs privés de rester sur le marché.

Interdire les expulsions sans relogement

Le candidat a annoncé vouloir interdire les expulsions locatives sans solution de relogement et abroger la loi dite « anti-squat ». Dans son projet, la puissance publique serait chargée d’organiser le relogement avant l’exécution de l’expulsion.

Cette orientation renforcerait la protection des occupants, mais soulèverait des inquiétudes chez les propriétaires confrontés aux impayés. Pour les agences, elle pourrait accroître les besoins de sécurisation des dossiers, de garantie contre les loyers impayés et de suivi contentieux. Son effet sur l’offre locative dépendrait largement des garanties apportées parallèlement aux bailleurs.

Une garantie universelle des loyers

La création d’une garantie universelle des loyers fait également partie des solutions défendues par La France insoumise. Le principe serait de protéger les locataires contre l’expulsion tout en indemnisant les propriétaires en cas d’impayé.

Si le financement et les délais d’indemnisation étaient fiables, cette mesure pourrait constituer un point favorable pour les agences : davantage de propriétaires pourraient accepter des dossiers aujourd’hui considérés comme fragiles, tandis que la gestion locative gagnerait en sécurité. Les modalités précises du dispositif seront donc déterminantes.

Accélérer fortement la rénovation énergétique

Le programme prévoit un vaste effort de rénovation énergétique, avec un objectif régulièrement fixé à plusieurs centaines de milliers de logements par an. L’intervention publique, les aides et l’accompagnement des ménages devraient être renforcés afin de réduire les factures et les émissions.

Cette politique pourrait bénéficier aux agences capables d’identifier les travaux, de conseiller les vendeurs et bailleurs et de mieux valoriser les logements rénovés. Elle créerait toutefois de nouvelles obligations si les financements ne progressaient pas au même rythme que les contraintes.

Quels effets pour les agences immobilières ?

Le projet de Jean-Luc Mélenchon ne cherche pas d’abord à stimuler l’investissement privé. Il pourrait donc inquiéter une partie des bailleurs et réduire certaines marges de manœuvre dans la location. Mais la garantie universelle des loyers, la rénovation du parc et la remise sur le marché de logements vacants pourraient aussi générer de nouvelles missions de conseil et de gestion.

L’équilibre dépendra du contenu final du programme, de son financement et des garanties accordées aux propriétaires. Flash-immo poursuivra cette série en présentant, selon la même méthode et sans parti pris, les propositions immobilières des autres candidats.

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