Immobilier : 54 % des acheteurs étrangers interrogés hésitent à investir en France

La clientèle internationale continue de regarder le marché immobilier français, mais son niveau de confiance semble se dégrader. Selon les premiers résultats de l’Observatoire « Vive la France ! » 2026 de Green-Acres, publiés le 21 octobre, 54 % des candidats étrangers interrogés déclarent que l’actualité politique française les fait hésiter à acheter. Ils étaient 27 % dans l’enquête précédente. Pour les agences implantées sur les marchés de résidences secondaires et de biens haut de gamme, ce signal mérite d’être observé, sans être confondu avec un effondrement des transactions.

Un doublement des hésitations déclarées en un an

Green-Acres a recueilli 535 réponses en juillet et août 2026 auprès de visiteurs étrangers recherchant un bien en France sur sa plateforme. Plus d’un répondant sur deux exprime désormais une hésitation liée au contexte politique, contre un peu plus d’un sur quatre lors de la précédente vague.

Le périmètre de l’étude est essentiel : il s’agit d’utilisateurs du portail ayant répondu à une question, et non d’un échantillon représentatif de l’ensemble des acquéreurs étrangers. Une hésitation déclarée ne signifie pas non plus qu’un achat a été abandonné. Les chiffres ne mesurent ni les compromis annulés ni la baisse des actes authentiques.

La collecte s’est achevée avant les événements du 17 octobre, évoqués par la plateforme dans sa communication. Green-Acres a relancé une enquête à partir du 20 octobre afin de mesurer l’éventuelle évolution du regard porté sur la France. Ces nouveaux résultats ne sont pas encore connus.

Benoît Galy, fondateur de Green-Acres, met en avant l’importance de la perception de stabilité et de qualité de vie dans le choix d’une résidence. Pour les professionnels, l’enjeu n’est pas seulement de convaincre sur les caractéristiques du bien : les interrogations des clients peuvent désormais concerner plus largement l’environnement politique, fiscal et économique.

L’Italie et l’Espagne restent des destinations concurrentes

Une autre question, posée à 659 visiteurs étrangers, apporte une nuance importante : 49 % des répondants déclarent rechercher un bien exclusivement en France. Les autres regardent également des marchés concurrents. L’Italie arrive en tête des destinations alternatives citées, avec 20 % des réponses, devant l’Espagne (13 %), le Portugal (7 %) et la Grèce (5 %).

Ces pourcentages ne signifient pas que les candidats concernés achèteront effectivement dans ces pays. Ils indiquent cependant que les professionnels français sont confrontés à une concurrence internationale pour une partie de leur clientèle, notamment dans les marchés de villégiature.

Les montants en jeu sont significatifs. Green-Acres cite des données notariales selon lesquelles les acquéreurs étrangers non-résidents ont consacré environ 5,8 milliards d’euros à 14 735 acquisitions en France entre juillet 2025 et juin 2026. Ces données de transactions, distinctes de l’enquête d’opinion, montrent le poids économique du segment. Les Alpes-Maritimes, Paris, le Var et la Haute-Savoie concentreraient plus de la moitié des sommes engagées.

Quelles conséquences pour les agences immobilières ?

Pour les négociateurs qui accompagnent des acquéreurs internationaux, la première réponse consiste à qualifier précisément les objections. Un client peut hésiter pour des raisons très différentes : taux de change, financement, fiscalité, perspective de résidence, calendrier de voyage ou incertitude politique. Les traiter comme un seul frein conduirait à des réponses commerciales inadaptées.

Les agences peuvent également suivre leurs propres indicateurs : nombre de contacts étrangers, taux de transformation en visite, délais de décision, offres reçues et ventes finalement signées. C’est la confrontation de ces données avec les intentions déclarées qui permettra de déterminer si la prudence observée dans l’enquête se traduit réellement sur le terrain.

Enfin, les vendeurs de biens ciblant une clientèle internationale doivent recevoir une information équilibrée. Il serait excessif de leur annoncer un retrait massif des étrangers sur la seule base de ce sondage. Mais ignorer le sujet serait tout aussi risqué. Le prochain observatoire complet de Green-Acres, annoncé pour le 4 novembre, et les résultats de la nouvelle vague d’enquête apporteront des éléments complémentaires pour apprécier l’évolution de cette demande.

Sources : Green-Acres ; MySweetImmo, 21 octobre 2026 ; Presse Agence, 21 octobre 2026.

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