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C’est une mise à jour que les professionnels de l’estimation attendaient : la Direction générale des finances publiques (DGFiP) a publié le 12 octobre 2026 une nouvelle livraison des Demandes de valeurs foncières (DVF). Elle inclut désormais les mutations du premier semestre 2026, en complément des années précédentes. Pour les agences immobilières, mandataires et experts, ces données offrent des références plus récentes pour préparer les avis de valeur, tout en exigeant plusieurs précautions de lecture.
Le jeu de données officiel, accessible sur data.gouv.fr, est publié deux fois par an, en avril et en octobre. La mise à jour ne consiste pas seulement à ajouter un semestre : elle remplace l’ensemble des fichiers précédents. Des transactions enregistrées tardivement peuvent donc apparaître dans les millésimes antérieurs. Plusieurs plateformes d’analyse ont commencé à exploiter ce nouveau millésime dans les jours qui ont suivi, notamment dans des publications des 14 au 16 octobre.
La livraison couvre désormais la période allant du 1er juillet 2021 au 30 juin 2026. Elle est mise à disposition sous forme de fichiers volumineux, contenant des informations issues des actes notariés et du cadastre. Les professionnels peuvent ainsi confronter un prix demandé à des mutations réellement enregistrées, plutôt qu’à de simples annonces encore en ligne.
Pour autant, la date d’une mutation et celle de son apparition dans la base ne coïncident pas toujours. L’enregistrement au service de publicité foncière, puis la publication semestrielle, créent un décalage. Le dernier semestre est donc provisoire et incomplet : une commune peut présenter peu de ventes récentes sans que cela signifie nécessairement un effondrement de son marché. À chaque nouvelle livraison, les données historiques peuvent elles aussi être complétées.
Autre précaution : une ligne DVF ne correspond pas nécessairement à une vente indépendante. Un acte peut réunir plusieurs parcelles, des lots annexes, une cave ou un local commercial. Additionner les lignes sans reconstituer les mutations peut conduire à compter plusieurs fois la même transaction. De même, calculer un prix au mètre carré sur une vente mêlant logement et locaux d’activité peut produire un comparable trompeur.
La DGFiP rappelle que les données DVF ne couvrent pas l’Alsace, la Moselle ni Mayotte. Les agences situées dans ces territoires ne doivent pas interpréter une absence de résultats comme une absence de ventes. Cette exclusion est particulièrement importante pour les réseaux nationaux, dont les outils d’estimation automatisée peuvent donner une impression trompeuse d’exhaustivité.
Même dans les départements couverts, une donnée brute ne décrit pas l’état intérieur, la qualité des rénovations, la luminosité, les nuisances, la situation d’une copropriété ou les conditions particulières d’une vente. Elle ne remplace donc ni la visite ni l’analyse des caractéristiques du bien. Une médiane communale peut être très éloignée du marché d’une rue, d’un étage ou d’un segment de surface précis.
La réutilisation des données doit aussi respecter les conditions de la Licence Ouverte et les règles de protection des personnes. Les fichiers sont destinés à documenter les marchés et les transactions, non à permettre la réidentification des propriétaires ou des acquéreurs.
Pour les professionnels, la priorité est de vérifier la date du millésime DVF utilisé par leur logiciel. Un outil alimenté par la livraison d’avril ne peut pas présenter les mêmes comparables récents qu’un service intégrant celle d’octobre. Mais une actualisation mal contrôlée peut aussi introduire des doublons ou des ventes atypiques.
La bonne méthode consiste à sélectionner des transactions comparables, à vérifier leur nature et leur périmètre, à éliminer les cas manifestement atypiques et à croiser les références avec l’offre actuelle et la connaissance locale. Les premières ventes du semestre doivent être traitées avec prudence, particulièrement lorsque l’échantillon est réduit.
Pour les agences qui réalisent des estimations, cette publication constitue donc un nouvel outil de dialogue avec les vendeurs, mais pas une vérité automatique sur la valeur de chaque logement. Elle permet d’actualiser les références de marché à condition de conserver le jugement du professionnel et de documenter la méthode utilisée.
Sources : DGFiP, jeu de données DVF actualisé le 12 octobre 2026 ; Zimo, 14 octobre 2026 ; Immovrai.
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