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Le logement neuf vient de franchir un nouveau seuil préoccupant. Selon les chiffres publiés le 9 septembre par la Fédération des Promoteurs Immobiliers de France (FPI), seulement 38 932 logements ont été réservés au premier semestre 2026. Jamais l’Observatoire de la fédération n’avait enregistré un volume inférieur à 40 000 réservations sur six mois. Pour les professionnels de l’immobilier, cette nouvelle contraction dépasse le seul secteur de la promotion : elle fragilise toute la chaîne de commercialisation du neuf.
La dégradation s’est accentuée au deuxième trimestre 2026. Les ventes de logements neufs reculent de 23,6 % sur un an, après un début d’année déjà difficile. Sur l’ensemble du premier semestre, la baisse atteint 18,3 %.
Le chiffre le plus marquant reste le volume total : 38 932 réservations sur les six premiers mois de l’année. La FPI souligne qu’il s’agit d’un niveau jamais atteint depuis la création de son observatoire.
La production suit la même tendance. D’après les données présentées lors de la conférence de presse de la fédération, seulement 32 483 logements ont été mis en vente sur la période. À titre de comparaison, la FPI considère que le rythme actuel se situe très loin d’un niveau de marché normal.
La chute du marché ne touche pas tous les segments de la même façon. Le recul le plus spectaculaire concerne les ventes en bloc, en baisse de 40,8 % au deuxième trimestre. Ces opérations, réalisées notamment auprès de bailleurs sociaux ou d’investisseurs institutionnels, avaient contribué ces dernières années à absorber une partie des programmes lorsque les particuliers étaient moins présents.
Les ventes aux particuliers diminuent elles aussi de 11,3 %. Les propriétaires occupants enregistrent un recul encore plus prononcé, à –17,9 %.
Un indicateur évolue néanmoins dans le sens inverse : les réservations réalisées par des investisseurs particuliers progressent de 13,4 % au deuxième trimestre. Mais la FPI tempère immédiatement ce rebond, estimant que les volumes restent particulièrement faibles. Le nouveau statut du bailleur privé pourrait soutenir progressivement ce segment, mais il ne suffit pas encore à provoquer une reprise globale.
Pour Pascal Boulanger, président de la FPI, la situation impose désormais une réaction rapide. Dans son communiqué intitulé « Peur sur la ville », la fédération évoque un contexte marqué par les incertitudes économiques, géopolitiques et politiques, qui incitent ménages et investisseurs à reporter leurs décisions.
Le président de la FPI estime que le logement revient progressivement dans le débat politique, mais rappelle que les professionnels ne peuvent attendre une amélioration lointaine. La fédération réclame notamment un renforcement du statut du bailleur privé pour tenter de réamorcer l’investissement locatif.
Interrogé à l’occasion de la publication de ces résultats, Pascal Boulanger a résumé la situation de manière particulièrement sévère : « C’est pire que l’année du Covid ». Une formule qui illustre le niveau d’inquiétude atteint par une profession déjà confrontée à plusieurs années de baisse des ventes et de la production.
Cette crise n’est pas uniquement celle des promoteurs. De nombreuses agences immobilières, réseaux, mandataires et structures spécialisées disposent d’une activité de commercialisation de programmes neufs ou travaillent avec des promoteurs locaux.
Moins de programmes lancés signifie mécaniquement moins de lots à commercialiser dans les mois et années à venir. Pour les professionnels disposant d’un pôle neuf, cela peut entraîner une diminution des stocks disponibles, une concurrence accrue entre commercialisateurs et une dépendance plus forte aux programmes encore actifs.
La baisse de production peut également produire des effets indirects sur le marché de l’ancien et sur la location. Lorsque moins de logements neufs sont livrés, la mobilité résidentielle ralentit et l’offre locative peine davantage à se renouveler dans les secteurs déjà tendus.
Les agents immobiliers devront donc suivre de près la solidité des opérateurs avec lesquels ils travaillent, l’avancement réel des programmes et les conditions de financement proposées aux acquéreurs. Dans un environnement aussi tendu, la sécurisation des partenariats et la qualité de l’information transmise aux clients deviennent encore plus importantes.
Après plusieurs années de crise, les chiffres du premier semestre 2026 montrent que le marché du neuf n’a pas encore trouvé son point d’équilibre. La légère remontée des investisseurs particuliers constitue un signal à surveiller, mais elle reste trop limitée pour compenser la chute des autres segments.
Pour les professionnels de l’immobilier, l’enjeu des prochains mois sera double : observer si les mesures destinées à relancer l’investissement produisent enfin un effet significatif et anticiper les conséquences d’une production historiquement faible sur les futurs stocks de logements.
Le passage sous les 40 000 réservations en six mois constitue à ce titre davantage qu’un mauvais trimestre : il confirme que la crise du neuf continue de modifier durablement l’environnement dans lequel travaillent les agences, promoteurs et commercialisateurs.
Sources : Fédération des Promoteurs Immobiliers de France, communiqué « Peur sur la ville » et Observatoire de la promotion privée, 2e trimestre 2026, publiés le 9 septembre 2026 ; Le Parisien, 9 septembre 2026.
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