Lutte anti-blanchiment : la formation devient obligatoire pour les agences immobilières

By mai 12, 2026

Le cadre réglementaire continue de se renforcer pour les professionnels de l’immobilier. Depuis le décret du 24 avril 2026, la formation en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT) devient une obligation clairement encadrée pour les agences immobilières. Une évolution qui marque un tournant dans les exigences de conformité du secteur.

 

Une obligation désormais formalisée

Les professionnels de l’immobilier étaient déjà soumis à des obligations de vigilance dans le cadre de TRACFIN. Mais jusqu’à présent, la question de la formation restait relativement floue dans son application concrète.

Le décret n° 2026-310 du 24 avril 2026 change la donne. Il impose désormais une véritable obligation de formation pour toutes les personnes participant à la mise en œuvre des obligations LCB-FT.

Et surtout, cette formation devra pouvoir être prouvée en cas de contrôle.

 

Qui est concerné dans une agence ?

Contrairement à ce que certains imaginent, cette obligation ne concerne pas uniquement le dirigeant ou le titulaire de la carte professionnelle.

Sont potentiellement concernés :

  • les agents immobiliers
  • les négociateurs
  • les mandataires
  • les gestionnaires
  • les collaborateurs participant au traitement des dossiers

Autrement dit, toute personne impliquée dans une opération immobilière susceptible d’entrer dans le champ des obligations LCB-FT.

 

Une formation dès l’embauche

L’un des changements majeurs introduits par le décret concerne le timing de la formation.

Désormais, les collaborateurs devront être formés :

  • dès leur arrivée dans l’entreprise
  • puis de manière régulière tout au long de leur activité.

L’objectif est clair : éviter qu’un collaborateur puisse intervenir sur des dossiers sans maîtriser les obligations de vigilance et les réflexes attendus.

 

La conformité ne suffira plus : il faudra des preuves

C’est probablement le point le plus important de cette réforme.

Former ses équipes ne sera plus suffisant. Les agences devront également être capables de démontrer cette formation.

Cela implique notamment :

  • conserver les attestations
  • assurer une traçabilité des formations suivies
  • documenter les parcours de formation internes
  • être en mesure de présenter ces éléments lors d’un contrôle.

➡️ La logique évolue : la formation devient une obligation “contrôlable”.

 

Pourquoi l’immobilier est particulièrement surveillé

Le secteur immobilier est considéré comme exposé aux risques de blanchiment de capitaux en raison des montants financiers en jeu et de la complexité de certaines opérations. 

Les professionnels doivent donc être capables :

  • d’identifier des situations inhabituelles
  • de comprendre l’origine des fonds
  • de détecter certains signaux faibles
  • et de savoir quand effectuer une déclaration de soupçon à TRACFIN.

L’idée n’est pas de transformer les agents immobiliers en enquêteurs, mais de renforcer leur vigilance dans les opérations sensibles.

 

Un changement organisationnel pour les agences

Cette nouvelle obligation va pousser de nombreuses structures à revoir leur organisation interne.

Certaines agences devront :

  • intégrer la LCB-FT dans leur parcours d’intégration
  • mettre en place un suivi des formations
  • formaliser davantage leurs procédures internes
  • et prévoir une mise à jour régulière des connaissances des équipes.

➡️ En réalité, cette réforme dépasse largement le simple cadre administratif. Elle participe à une professionnalisation plus poussée du secteur.

 


 

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dernière modification le mercredi, 13 mai 2026 07:56