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Une excellente étiquette énergétique signifie-t-elle qu’un logement reste agréable pendant une canicule ? Près de deux Français sur trois le pensent, à tort. Selon une enquête YouGov réalisée pour la plateforme immobilière Jinka, 64 % des répondants associent un bon diagnostic de performance énergétique (DPE) à un meilleur confort d’été. L’étude, publiée le 15 octobre et reprise le 17 octobre 2026, pointe une confusion qui concerne directement les agents immobiliers, les négociateurs et les gestionnaires locatifs.
La méthodologie est précisée : 1 018 personnes âgées de 18 ans ou plus ont été interrogées en ligne les 3 et 4 septembre 2026, avec une représentativité recherchée par la méthode des quotas. Les résultats décrivent donc des perceptions déclarées, et non des mesures physiques de température dans les logements.
Le DPE reste un document essentiel pour apprécier la performance énergétique d’un logement. Sa note principale repose sur la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre. Mais cette lettre, de A à G, ne constitue pas une garantie de confort en période de forte chaleur.
Le diagnostic complet comprend bien un indicateur spécifique de confort d’été, avec des appréciations telles que bon, moyen ou insuffisant. Le ministère chargé du Logement explique que cet indicateur aide à identifier les caractéristiques favorables et les améliorations possibles. Il ne faut donc pas dire que le DPE ignore totalement le sujet : c’est la lettre énergétique principale qui ne suffit pas à apprécier la fraîcheur d’un appartement.
L’enquête montre que 83 % des personnes interrogées jugent le DPE important pour choisir leur logement, tandis que seulement 21 % identifient correctement le fait qu’une bonne étiquette n’assure pas un logement frais. Ce décalage peut générer des attentes excessives lors des visites, puis des déceptions après l’emménagement.
Les réponses mettent également en évidence des différences selon le statut d’occupation. 39 % des répondants disent se sentir mal chez eux pendant l’été en raison de la chaleur. Cette proportion atteint 55 % chez les locataires, contre 27 % chez les propriétaires sans crédit immobilier. Parmi les locataires, 20 % déclarent même un très fort inconfort estival.
Ces écarts ne démontrent pas, à eux seuls, que le statut de locataire provoque la surchauffe : la qualité du bâti, la localisation, les revenus, l’étage, l’exposition et les équipements peuvent jouer simultanément. Ils soulignent néanmoins un enjeu croissant pour la commercialisation et la gestion du parc locatif.
Une autre donnée interpelle : selon l’étude, 74 % des locataires associent une bonne note DPE à un logement plus confortable l’été, soit davantage que l’ensemble des personnes interrogées. Les professionnels ont donc tout intérêt à distinguer explicitement la performance énergétique réglementaire des conditions réelles d’occupation pendant les épisodes de chaleur.
L’enjeu n’est pas de créer un diagnostic supplémentaire, mais de mieux exploiter les informations existantes et d’observer le bien. Pour une visite en période froide, il est facile de négliger l’exposition ouest, les grandes baies vitrées sans protection solaire, les chambres sous toiture ou l’impossibilité d’aérer la nuit. Or ces éléments peuvent devenir déterminants en juillet et en août.
Les agents immobiliers peuvent consulter l’indicateur de confort d’été du DPE complet, identifier la présence de volets ou de brise-soleil, vérifier la ventilation et poser des questions factuelles au vendeur ou à l’occupant. Il convient de ne pas promettre une température intérieure déterminée sans mesure fiable ni justification technique.
Pour les administrateurs de biens, le confort estival peut également entrer dans les discussions de travaux : protections solaires, ventilation adaptée, isolation pertinente et traitement des points de surchauffe. Les solutions doivent être évaluées au cas par cas avec les professionnels compétents, notamment en copropriété.
Le message pour les agences est simple : un DPE favorable constitue un atout commercial, mais ne remplace pas l’analyse du confort réel du logement. En expliquant clairement cette différence, le professionnel apporte un conseil plus précis et réduit le risque de malentendu avec ses clients.
Sources : Jinka (étude YouGov), 15 octobre 2026 ; ministère de la Transition écologique ; MySweetImmo, 17 octobre 2026.
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