Ne manquez rien de
l'actualité immobilière.
Recevez directement les dernières actualités, tendances et informations essentielles du secteur immobilier.

La recharge des véhicules électriques devient un sujet de gestion immobilière à part entière. Une enquête Ifop réalisée pour Logivolt et diffusée début octobre 2026 révèle un décalage frappant : 45 % des habitants interrogés en habitat collectif possèdent déjà un véhicule électrique ou hybride rechargeable, ou envisagent d’en acquérir un, tandis que seuls 18 % déclarent disposer d’une solution de recharge dans leur immeuble. Pour les syndics et administrateurs de biens, le parking entre progressivement dans le champ des décisions structurantes de la copropriété.
L’enquête, menée auprès de 2 002 personnes résidant en habitat collectif, mesure des déclarations d’habitants. Elle ne doit pas être confondue avec un recensement technique de tous les parkings français. Elle révèle néanmoins un écart entre l’intérêt pour la mobilité électrique et la capacité pratique à recharger chez soi.
Parmi les personnes qui envisagent un véhicule rechargeable, 88 % déclarent qu’une solution accessible, proche du logement et proposée à un coût attractif les encouragerait à franchir le pas. Plus de la moitié de ces intentionnistes, 53 %, réfléchissent à la recharge avant même de choisir leur véhicule.
Le problème est donc immobilier autant qu’automobile. Une place de stationnement sans infrastructure électrique adaptée peut ne plus répondre aux attentes d’une partie des occupants. Cette évolution concerne les propriétaires occupants, les locataires et les gestionnaires de résidences.
Les obstacles identifiés sont très concrets. Le coût d’installation est cité par 49 % des répondants, l’accord de la copropriété par 36 % et les contraintes techniques par 34 %. Ces résultats expriment des perceptions et ne signifient pas que toutes les installations nécessitent le même vote ou présentent les mêmes difficultés.
Une autre source permet de replacer l’enquête dans la réalité du parc. Selon le baromètre publié en septembre par Avere-France avec plusieurs partenaires du secteur électrique, 43 648 immeubles avaient validé le déploiement d’une infrastructure collective au deuxième trimestre 2026. Parmi eux, 18 289 immeubles étaient déjà équipés, soit une progression de 45 % sur un an. Le baromètre recense également 44 331 points de recharge individuels en résidentiel collectif.
Ces données ne contredisent pas les 18 % de l’enquête Ifop : les unes comptabilisent des immeubles et des équipements, les autres interrogent des résidents sur leur accès à une solution de recharge. Les dénominateurs sont différents et ne doivent pas être mélangés.
La dynamique d’installation est réelle, mais le nombre de résidences concernées reste limité au regard des besoins potentiels. Pour les copropriétés, le sujet devient celui du bon dimensionnement : installer une borne pour un seul occupant ou préparer une infrastructure capable d’accueillir progressivement plusieurs utilisateurs ne répond pas aux mêmes contraintes.
Pour un syndic, le premier enjeu consiste à qualifier les besoins : nombre de places concernées, demandes déjà formulées, configuration du parking, puissance électrique disponible et possibilité d’évolution. La discussion ne devrait pas se limiter au prix d’une borne individuelle.
Vient ensuite la question du financement. Plusieurs modèles coexistent, avec des répartitions différentes entre dépenses collectives et branchements individuels. Un prestataire peut proposer une infrastructure évolutive, mais ses engagements de maintenance, ses tarifs et ses conditions contractuelles doivent être examinés avec attention. Il n’existe pas de solution universelle applicable à toutes les copropriétés.
Le cadre juridique du droit à la prise et celui des infrastructures collectives doivent aussi être distingués. Les règles de notification, de décision et de travaux dépendent du projet retenu. Les professionnels ont intérêt à s’appuyer sur des informations réglementaires à jour et sur des entreprises qualifiées avant de présenter un scénario en assemblée générale.
Enfin, la recharge peut devenir un critère de valorisation et de commercialisation, notamment dans les immeubles disposant d’un stationnement privatif. Mais l’enquête ne permet pas d’affirmer qu’une borne entraîne automatiquement une hausse déterminée du prix de vente.
Le message de fond est clair : les syndics qui anticipent le sujet peuvent transformer une succession de demandes individuelles en projet cohérent pour l’immeuble. L’étude a été commandée par un acteur du financement des bornes ; ses résultats méritent donc une lecture critique. Recoupés avec les chiffres nationaux d’équipement, ils confirment néanmoins que la recharge est désormais une question concrète de gestion du patrimoine collectif.
Sources : Roole (enquête Ifop pour Logivolt), Avem, Avere-France.
Recevez directement les dernières actualités, tendances et informations essentielles du secteur immobilier.